Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

 

Cette journée a été instaurée par les Nations Unies en 1999, sur proposition de la République Dominicaine. Depuis des années déjà des pays d'Amérique latine utilisaient cette journée pour sensibiliser sur ces questions, en souvenir de l'assassinat des soeurs Mirabal (des opposantes au régime dominicain de Trujillo).

infos sur la journée ici et sur les soeurs Mirabal  ici

 

Les violences faites aux femmes prennent plusieurs formes

  • viols
  • agressions sexuelles
  • violences conjugales (physiques, économiques, psychologiques, sexuelles)vignette plan lutte 2013
  • harcèlement sexuel
  • mutilations
  • prostitution
  • mariage forcé 
  • crimes d'honneur
  • lesbophobie 
  • violences économiques (inégalités professionnelles, précarité)

Vendredi 22 novembre 2013, la Ministre des droits des femmes a présenté son nouveau plan de lutte contres les violences faites aux femmes. C'est une belle avancée, qui mérite d'être développée et poursuivie.

Vous pouvez télécharger le plan sur ce lien et consulter les principales mesures sur l'illustration ci joint.

 

Enjeux et réclamations

Nous réclamons, à l'exemple de ce qui se fait en Espagne, une loi cadre contres les violences faites aux femmes. L'enjeu est d'avoir un texte global et transversal, qui couvre toutes les dimensions participant aux inégalités et aux violences : prévention, éducation, sensibilisation, accompagnement, solidarité, lutte contre les pubs sexistes, logement, travail, social, santé, justice, procédures pénales.

La loi votée en France le 9/7/2010 est un bon début mais reste insuffisante car elle ne porte que sur les violences conjugales et les mariages forcés.

 

Nous réclamons, entre autres :

  • l'extension de l'ordonnance de protection à toutes les femmes victimes de violences,

  • la prise en compte des conséquences des violences au travail par la mise en œuvre de mesures concrètes,

  • que l'éducation non sexiste et non lesbophobe soit inscrite dans les programmes scolaires,

  • une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes victimes de violences,

  • la création et le renforcement de centres d’hébergement et d’accueil dédiés et gérés par des associations spécialisées,

  • l'obtention d'une carte de résidente pour tout femme demandant l'asile parce que menacée ou victime de violences lesbophobes et/ou de violences sexistes et/ou de violences sexuelles,

  • l'interdiction de la résidence alternée lors d'un divorce en cas de violences sur les femmes ou les enfants.

 

 

Nous réclamons une loi globale abolitionniste engageant enfin la France auprès des personnes prostituées et contre le système prostitueur. Nous réclamons un renforcement de la lutte contre le proxénétisme et contre la traite.

 

 

violences conjugales

d'après le rapport 2012 du Minsitère de l'Intérieur, sur les morts violentes au sein des couples (ou ex couples)

174 décés répertoriés  en 2012 : 148 femmes et 26 hommes, dont un seul couple couple homosexuel concerné (couple lesbien). C'est 28 de plus qu'en 2011 !

162 homicides volontaires et 12 violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner

une femme meurt des mains de son conjoint tous les 2.5 jours  (1/3 jours en 2011)

un hommes meurt des mains de sa conjointe tous les 14 jours (1/15 jours en 2011)

réserve : 22 de ces 174 homicides relèvent de l'euthanasie ou de la maladie ou de la vieillesse de l'auteur ou de la victime

dans 50% des cas soit le tueur soit la victime avait consommé de l'acool et/ou de la drogue et/ou des psychotrophes

89% des crimes ont eu lieu au domicile du couple ou de la victime ou de l'auteur

100% des strangulations sont l'oeuvre des hommes, les autres homicides (volontaires ou involontaires) étant perpetrés par arme à feu ou arme blanche ou coups.

56% des auteurs étaient âgés de 31 à 60 ans (on voit un vieillissement de la population impliquée).

31% des auteurs se sont suicidés et 15.52% ont tenté de se suicider

sur les 26 femmes ayant tué leur (ex)conjoint, 17 étaient reconnues comme ayant déjà subi des violences de la part dudit conjoint => 65%.

9 enfants mineurs ont été tués en même temps que leur mère (5), tous les tueurs d'enfants étant des hommes.

 

+ 23 homocides au sein de relations non officielles (relations extra conjugales, petits amis, relations occasionnelles) : 18 femmes tuées et 5 hommes tués.

 

soit 174+23 = 197 victimes au total, dont 148+18 = 166 femmes, soit 84% des victimes d'homicides en lien avec les relations dites "amoureuses".

 

En 2012 il y a eu 791 homicides (in)volontaires répertoriés en France. Les morts au sein des couples représente 22%, si on ajoute les couples non officiels cela monte à 25%. Et les femmes tuées dans le cadre de leurs relations "amoureuses" représentent alors 20% des victimes d'homicides répertoriés en France.

 

 

prostitution

source : rapport assemblée nationale

Les personnes prostituées seraient, en France, au nombre de 20 000 environ, dont 85 % de femmes. Par contre, 99 % des clients sont des hommes. La prostitution est donc un phénomène sexué.

=> Les chiffres dont on dispose proviennent de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), seul organisme public procédant à une évaluation quantitative. Dans son rapport annuel de 2010, l’Office évalue entre 20 000 et 40 000 le nombre de personnes prostituées en France. Ces chiffres sont issus de données diverses : nombre de personnes mises en cause pour racolage par la police nationale, nombre de victimes de la traite des êtres humains ou de proxénétisme identifiées dans des procédures judiciaires. Ces données sont complétées par des estimations relatives à la prostitution par Internet, mais qui reste difficile d’appréhender.

Ces chiffres sont validés par les associations travaillant auprès des personnes prostituées. C’est aussi l’ordre de grandeur retenu par le Conseil national du Sida. Seul le Syndicat du travail sexuel (STRASS) considère que la réalité s’approcherait plutôt de 400 000 personnes prostituées, soit un écart de 1 à 20

 

Un renversement historique s’est produit en l’espace de dix ans : alors que seulement 20 % des personnes prostituées dans l’espace public étaient  en 1990 de nationalité étrangère, elles en représentent aujourd’hui, et depuis les années 2000, près de 90 %. Les pays d’origine sont bien connus (Roumanie, Bulgarie, Nigeria et Chine principalement) et démontrent l’emprise croissante des réseaux de traite sur la prostitution.

La prostitution n’est pas un phénomène uniforme et pour les rapporteurs de l’IGAS, il faudrait parler de prostitutions au pluriel.

On distingue généralement la prostitution dite « traditionnelle » qui concerne plutôt des femmes françaises, plus âgées que les personnes étrangères et qui revendiquent une certaine autonomie dans leur activité (indépendantes ou sous la coupe d’un souteneur), par opposition aux réseaux. Il s’agit principalement d’une prostitution de rue qui est en déclin face à la prostitution organisée par les réseaux.

La prostitution étrangère est en forte progression. Les années 1990 ont marqué un tournant, l’ouverture des frontières s’accompagnant de l’arrivée de femmes en provenance de l’Europe de l’Est et des Balkans. Par la suite, on a constaté l’arrivée des personnes africaines puis chinoises. La plupart de ces personnes sont en situation irrégulière.

En 2012, les statistiques dressées par l’OCRTEH montraient que 92 % des personnes mises en cause pour racolage sont étrangères. Cette proportion, qui augmente d’année en année, est corroborée par les associations qui travaillent sur le terrain. Au sein des victimes de proxénétisme, les femmes non européennes de l’ouest représentent 81 % du total en 2012, contre 74 % en 2010.

Les victimes du proxénétisme sont essentiellement des femmes : 742 femmes et 9 hommes figurent dans les statistiques de l’OCRTEH pour l’année 2012.

Il existe une prostitution masculine qui représenterait entre 10 et 20 % de la prostitution de rue. D’après les inspecteurs de l’IGAS cette prostitution masculine est moins visible mais réelle et présente divers visages : la prostitution auprès d’une clientèle d’homosexuels masculins constitue un moyen de survie pour certains jeunes étrangers (notamment dans la population de mineurs étrangers isolés) ; un autre cas de figure est celui de jeunes garçons dont l’homosexualité révélée se heurte au rejet de la famille entraînant une situation d’errance et la recherche de moyens d’existence.

Enfin, il faut mentionner la prostitution des personnes transgenres qu’il est difficile d’évaluer.

Les personnes qui se prostituent peuvent être de tous âges. Le tableau par âge des personnes accompagnées par l’Amicale du Nid en 2010 est le suivant :

  • 43 % de moins de 30 ans
  • 30 % de 30 à 39 ans
  • 17 % de 40 à 49 ans
  • 8 % de 50 à 59 ans
  • 1 % de 60 à 70 ans

La question particulière de la prostitution des mineur-e-s fait l’objet de divergences de chiffres entre les services de police et les associations.

Ainsi, l’OCRTEH fait état de six mises en cause de personnes mineures pour racolage, soit 0,44 % du total des mis en cause, pour racolage en France en 2010. Le phénomène serait donc marginal selon l’Office. Pourtant, les associations qui œuvrent sur le terrain parlent au contraire d’une augmentation alarmante des personnes prostituées mineures. L’Association contre la prostitution des enfants avance le chiffre de 10 000 mineurs livrés à la prostitution en France. La différence entre les quelques cas identifiés par les services de police et les chiffres annoncés par les associations est donc considérable.

La question de la prostitution étudiante semble émerger également avec de plus en plus d’acuité. Mais comme le constatait déjà le rapport Bousquet Geoffroy, les chiffres font ici aussi largement défaut. Cette prostitution existe en lien avec la précarité économique mais on ne sait pas dans quelle proportion. Seules des enquêtes ponctuelles peuvent apporter des éclairages. Ainsi, l’Amicale du Nid de Montpellier a interrogé en 2010 des étudiants de l’université Montpellier III. Sur 651 étudiants interrogés, 13 ont accepté de l’argent ou autre chose en contrepartie d’un acte sexuel soit 2 % des répondants. L’Université de Poitiers et l’Association fédérative des étudiants de Poitiers ont ainsi constaté l’existence de la prostitution étudiante et mis en place des actions de prévention et d’aide, comme la campagne « Osons en parler ».