Loi Macron : une augmentation des violences économiques contre les femmes

Communiqué de presse du lundi 5 janvier 2015

OLF


Le 11 décembre dernier, M. Macron, Ministre de l’Économie, a présenté à l’Assemblée Nationale un projet de loi « pour la croissance et l’activité ». Dans la troisième et dernière partie de ce projet de loi, intitulée « Travailler », trois dispositions nous alertent en tant que féministes.
 
Tout d'abord, ce projet de loi prévoit des « exceptions au repos dominical et en soirée ». Sachant que 70 à 80% des salarié-e-s du commerce sont des femmes, elles seront les premières concernées par le travail de nuit et dominical, qui nuit à toutes les sphères de la vie privée. En effet, travailler le dimanche et/ou de nuit implique une vie à contretemps et oblige à trouver des moyens de garde pour les parents isolés : des mères dans 9 cas sur 10. 
Plus loin, le texte du projet précise : « Le volontariat, un accord collectif, la négociation et la compensation pour les salariés sont le socle de la réforme, dans le souci de l’intérêt des salariés, du dialogue social et de l’activité. » Autrement dit, les travailleur-se-s du dimanche l’auraient choisi. Mais a-t-on vraiment le choix quand on a un poste à temps partiel, dont, rappelons-le, 83% sont occupés par des femmes, et/ou quand on gagne un bas salaire, ce qui est le cas de 24% des femmes salariées ?
 
Ensuite, ce projet de loi prévoit des visites médicales « moins nombreuses » et la possibilité de contourner la médecine du travail. Alors que le travail de nuit a des conséquences négatives sur la santé. Ce contournement de la médecine du travail rendra invisible les effets négatifs de la précarisation du travail. Cette médecine est par ailleurs l'une des dernières garanties d'accès à la santé pour les femmes plus précaires.
 
Enfin, le projet de loi abrogera un alinéa de l’Article 2064 du Code Civil qui dispose que les contrats de travail sont soumis au Code du Travail et donc ne peuvent résulter simplement de l'accord entre deux personnes. A cela s'ajoute une réforme des Prud'hommes et de l'Inspection du Travail, qui demeure les dernières garanties contre les abus des employeurs. Cette affaiblissement des protections sociales touchera principalement les emplois précaires et les moins rémunérés. 
 
Dans le monde du travail, les femmes sont les plus exposées à la violence économique. Un tel démantèlement des droits sociaux va aggraver la condition de tou-t-es les travailleurs-ses, en commençant par les plus démuni-e-s. Les femmes sont donc en première ligne des conséquences sociales dramatiques d'une telle loi. Nous appelons donc les député-e-s qui s’apprêtent à débattre de cette loi à faire preuve de la plus grande vigilance quant à ses effets négatifs sur les droits des femmes et à remettre en cause ces dispositions néfastes.

Contact presse
Claire Serre-Combe / 06 81 87 31 14 / contact@osezlefeminisme.fr