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Notre interpellation

Les 22 et 29 mars 2015 nous devrons élire les prochain-e-s conseillers et conseillères des cantons du Puy-de-Dôme. L’Égalité entre les femmes et les hommes doit devenir un enjeu central des engagements que les candidat-e-s prendront à l’occasion de ces élections.

 Nous interpellons tous les candidat-e-s aux élections départementales du Puy-de-Dôme, à l'exception des candidat-es de l'extrême droite, en leur demandant de se positionner sur le problème prioritaire que nous avons identifié sur le territoire : la mise en place d'actions de prise en charge, de prévention et de sensibilisation en direction des femmes victimes de violence (hébergements d’urgence et de long-terme, relais de campagnes nationales, soutien aux associations de prises en charge de femmes victimes, …).

 Aujourd’hui dans le Puy-de-Dôme, c’est le désert pour ces femmes qui n’ont nulle part où aller. Le 115 n’est une réponse ni viable ni adaptée. Des montages financiers entre collectivités, État et associations sont possibles et notre département ne peut rester autant en retard sur le sujet, et demeurer le seul département auvergnat ne proposant aucune solution ! Il est nécessaire de proposer à toutes ces femmes victimes de violence une offre suffisante (en termes de quantité)  et complète (en termes d'accompagnement social, psychologique et de réinsertion) d'hébergements spécifiques.

 Par ses compétences obligatoires et sa place prépondérante dans les politiques sociales, le Département peut également œuvrer pour :

- garantir la solidarité femme-homme et lutter contre les exclusions des femmes isolées ;

- agir en faveur de l’insertion des jeunes femmes sur le marché du travail, dans le cadre de la garantie Jeunes.

Nous interpellons l’ensemble des candidat-e-s, à l’exception des candidat-e-s d’extrême droite, sur leurs projets concernant la question des hébergements pour femmes victimes de violence, ainsi que les enjeux cités ci-dessus. Nous leur demandons également d’expliciter la dimension égalitaire de l'ensemble de leur programme.

 

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Vos cantons et candidat-e-s

Où votez-vous et qui se présente chez vous dans le Puy-de-Dôme?

Retrouvez les informations sur une page dédéiée sur le site Internet  de France 3 Auvergne : http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/auvergne-politique/departementales-2015-tous-les-candidats-en-auvergne-par-cantons-cartes-interactives.html

 

Elections-departementales-2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les réponses des candidat-e-s à notre interpellation

Nous mettrons réglièrement à jour cette rubrique pour vous présenter les réponses reçues.

(par ordre de date de réception)

 

 réponse de Grégory Bonnet et Clémentine Raineau (titulaires), Margarette Brun et Pierre Pinet (remplaçants) - la Gauche citoyenne - canton 27 St Georges de Mons

 

L’équipe de la « Gauche citoyenne », candidate aux élections départementales des 22 et 29 Mars prochains, sur le canton n°27 (Saint-Georges de Mons) a bien reçu votre courrier en date du 1er Mars.

Dans notre journal de campagne, porté à l’impression le 23 Février dernier, donc antérieur à votre lettre, nous avons écrit ce qui suit, concernant le sujet qui vous préoccupe, dans un espace réduit tellement les domaines à aborder sont nombreux :

"enfance et famille"  :  Redonnons d’urgence les moyens financiers et humains à une politique de l’enfance et remettons à niveau les établissements. Développons des actions innovantes de soutien à la parentalité en lien avec les associations. Permettons aux associations d’embaucher des éducateurs pour faire face à l’afflux des besoins des familles. Soutenons des projets novateurs en matière d’accueil des familles et particulièrement des femmes victimes de violences et leurs enfants. Privilégions le financement de l’investissement des crèches publiques ainsi que des crèches parentales qui sont des lieux d’organisation des citoyens. »

Suit, dans ce même journal de campagne, un paragraphe très général sur l’insertion qui peut bien évidemment s’étendre aux femmes qui rencontrent les difficultés que vous décrivez.

 Soyez assuré(e)s que, si nous sommes élus, nous nous battrons pour traiter ces questions au niveau du Conseil Départemental et y apporter des réponses efficaces.

 

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réponse de Fanida Bentaher et Alexis Blondeau - mouvement 100% citoyens - Canton Clermont 3

En effet nous nous présentons Alexis Blondeau et moi même Fanida Bentaher, pour les élections départementales de 2015.

Par conséquent, nous souhaitons proposer un programme en faveur des jeunes, et des familles en difficultés sociales, et professionnelles, des personnes en situations de handicap, et essentiellement un soutien fort pour les femmes victimes de violence mais pas seulement, les assister dans leurs démarches extrêmement difficile, pourquoi parce que les femmes victimes de violence conjugales, ou de harcèlement lié au travail, ou harcèlement sexuelle, ou viole etc etc.......dès lors qu'elles souhaitent déposer une plainte, elles sont humiliées, découragées, absolument pas soutenues ni par la justice, ni par les collectivités, ou syndicalistes ni par les forces de l'ordre, et je peux veux dire franchement que personne sur la région ainsi que les collectivités ne bougera le petit doigt pour ça change, tout simplement parce qu’ils ne savent pas ce que c'est d'être traqué, d'être humilié, d'être battu, d'être blessé, être confronté a des personnes qui sont censé défendre les droits de l'homme, les droits de la femme, les droits de l'enfant ne feront rien, et je ne compte plus sur eux depuis fort longtemps.

Ce que nous voulons, être dans le concret, depuis de nombreuses années, en étant médiatrice sociale et militante associative je soutiens les femmes de victimes de violence de toutes sortes, et je ne recherche aucunement la reconnaissance, ni de la valorisation,  ni de la notoriété en proposant ma candidature pour les cantonales, mon objectif premier est de pouvoir réellement faire avancer les choses sur le long terme, en  créant un dispositif d'accompagnement complet en faveur des femmes en situation de précarité sociale, professionnelles et surtout victimes de violence en tout genre sans critère de sélection car toute victime pour moi doit être aidé peu importe le degrés de violence.

C'est un combat quotidien, prendre soins des personnes dans ces situations là, n'est pas chose facile, mais  moi je m'engage à le faire car pour moi c'est devenue une obsession (dans le sens ou je ne peux laisser une victime sans pouvoir l'aider, se sont mes convictions ) et  parce que je ne peux que le faire, non seulement parce que j'en suis capable mais parce que je connais parfaitement bien le sujet.

En étant en permanence sur le terrain, et en contacte avec ces femmes avec parfois des enfants en bas âge ne sachant pas ou allez, aucun hébergement n'est proposé sur la région parce que personne ne se sent concerné par cette problématique et je n'ai reçu aucun soutien de qui que ce soit, malgré mon investissement personnel.

 à savoir  :

- Être à l'écoute, proposer des solutions

- Accompagnement pour porter plainte
- Informer de ces droits
- Renseigner sur les divers organismes et associations
- Accompagner les victimes pour rencontrer un médecin de victimologie
- Médiation entre les conjoints (rares)
- Mise en relation des personnes pouvant accueillir les victimes anonymement
- Facilité les démarches pour trouver un logement d'urgence et surtout pour qu'il soit accordé

- Mise en sécurité de la victime, avec ou sans enfant lieu (neutre, anonyme, et mobile)

Aussi, la journée de la femme pour moi c'est toute l'année, car chaque jour est un combat pour la survie et pour lutter contre la violence.

Enfin pour conclure, je suis déterminée à concrétiser ce projet avec ou sans les cantonales.

C'est un projet personnel qui me tiens réellement à cœur, et je ne peux me permettre de laisser tomber, car malheureusement trop de femmes sont encore dans le besoin.

Se sont nos sincères propositions, et en aucun cas se sont des paroles en l'air car je ne suis pas une politicienne mais simplement une humaniste qui ne lâchera pas et qui se battra encore et encore jusqu’à l'obtention de ce dispositif pour qu'enfin on puisse avancer et évoluer et surtout d'être efficace rapidement.

 

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réponse de Mireille Lacombe, Djamel Ibrahim Ouali, et leurs remplaçant-es - Majorité Départementale - Canton Clermont 2

Le département prend en considération les violences faites aux femmes victimes de violence conjugales en finançant pour moitié un poste départemental et un poste de travailleur social, placés auprès de l'association AVEC 63 ;
cela permet, en partenariat avec l'Etat, de travailler avec les services de police et de gendarmerie sur le département. Pour pertinente et utile que soit cette action, elle n'est pas suffisante et devrait être suivie par la création de lieux d'accueil et d'hébergement avec accompagnement des femmes victimes par des psychologues.
Il est nécessaire de travailler avec des communes pour mutualiser des moyens,  trouver et mettre à disposition ces lieux d'hébergement.
La nouvelle assemblée départementale pourrait alors prendre à sa charge l'organisation et la gestion de l'accompagnement humain.
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réponse deJean-Yves Gouttebel et Elise Serin - Union de Gauche - Canton de Clermont 5
Le Département prend d'ores et déjà en considération les violences faites aux femmes victimes de violences conjugales en finançant pour moitié un poste de référent départemental et un poste de travailleur social, tous deux placés auprès de l'Association Victime Ecoute Conseil 63 (A.V.E.C. 63). Sans ce financement mis en oeuvre de pair avec l'Etat, les ressources et compétences dédiées ne pourraient être déployées auprès des services de Police et de Gendarmerie sur le département (18 000 € par an, pour chacun des 2 postes).
Pour pertinente et utile qu'elle soit, cette action n'est pas suffisante : elle devrait être suivie par la création d'un ou plusieurs lieux sur le territoire départemental où pourraient être accueillies, hébergées et accompagnées les femmes victimes de telles violences. 
Dans l'agglomération clermontoise, les solutions d'accueil seraient à rechercher en lien avec les communes et Clermont Co - au titre du patrimoine dont ces Collectivités disposent. Dans le reste du département - et dans la mesure où l'ensemble de ces lieux ne peut fonctionner qu'en mobilisant des personnels habilités au suivi de leurs résidentes et de leurs familles - il conviendrait d'envisager de telles solutions à plus grande échelle : Pays, Syndicat Mixte d'Aménagement et de Développement... Les collectivités partenaires interviendraient essentiellement sur le logement proprement dit (mobilisation de leur patrimoine foncier, prise en charge des fluides...), le Conseil général prenant à sa charge l'organisation et la gestion de l'accompagnement humain.
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réponse de Nicole Lozano et Thierry Tailhandier ( remplaçant-es: Christine buisson, Patricek Cressein) - Nouvelle Donne - canton Aubière Romagnat Pérignat

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu votre courrier du 2 mars 2015, nous partageons le constat dressé de la situation actuelle et pour nous rien ne remplace l’expertise des gens de terrain dont vous faites partie.

 Le mouvement politique Nouvelle Donne que nous représentons a inscrit la parité stricte au sein même de ses statuts et c’est ainsi que nous avons deux co-présidents : une femme, un homme, deux co-secrétaires : une femme, un homme, deux co-porte-paroles : une femme, un homme, et ainsi de suite pour tous les postes et à tous les niveaux.

Nous tentons, à notre niveau local, de mettre en œuvre tous les moyens possibles afin de faciliter l’investissement des femmes dans le monde politique. Par des choses très simples mais efficaces, deux exemples : le respect de l’heure de début et de fin des réunions convenue ensembles, l’organisation d’une garderie lors de nos évènements politiques comme par exemple le meeting du 11 mars à Romagnat.

 Nous voudrions ici vous citer l’article 8 de notre charte : Article 8. Responsabilité – Nous ne sommes pas seulement responsables de ce que nous faisons mais aussi de ce que nous laissons faire, collectivement et individuellement.

Nous ne pouvons donc que vous soutenir dans votre action et tenter d’avancer avec vous vers plus d’égalité homme-femme et la protection des plus faibles (femmes et enfants).  Dans ce domaine, il nous semble important d’insister sur la prévention et l’accompagnement : tout mettre en œuvre pour ne pas en arriver à des situations extrêmes.

Dans notre programme pour les départementales, nous proposons de travailler avec les acteurs sociaux, et notamment les associations, afin d’évaluer les besoins pour les politiques publiques mises en place et trouver ensemble des solutions.

Il nous paraît primordial de réfléchir ensemble, avec les gens de terrain, sur les violences faites aux femmes et les solutions à mettre en place pour les protéger.Il est certain, qu’il y a la nécessité de mettre en place et de développer des structures d’accueil plus spécifiques aux femmes victimes de violences conjugales. Mais ces structures ne peuvent se concevoir sans une politique de soutien et d’accompagnement aux victimes.

Le féminisme ne doit pas être qu’une affaire de femme. Il y a un travail d’éducation et surtout d’éducation précoce à mettre en œuvre, il faut éduquer dès le plus jeune âge à se respecter homme-femme.  Quel que soit l’issue de ces élections, Nouvelle Donne sera heureux d’échanger avec vous sur nos combats partagés.

 

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 réponse de Lidia Lebas et Francis Vergne - Front de Gauche - Canton de Châtel Guyon

Nous avons bien reçu votre courrier daté du 1er Mars. Nous partageons pleinement vos constats et vos objectifs en matière d’égalité des droits. Il y a urgence à promouvoir les valeurs émancipatrices du féminisme sous toutes ses formes et à les traduire concrètement en termes de politique publique, au niveau national comme au niveau départemental. Cela nous semble essentiel à un moment où, hélas, des conquêtes sociales et féministes durement gagnées sont remises en cause ou fragilisées.

En complément de votre propos, concernant les violences faites aux femmes, il nous semble utile de rappeler que les lois successives votées depuis 1992, notamment pénales, ne sont toujours pas appliquées, sinon en fonction de la bonne volonté et de la sagacité du procureur et sans consignes précises. Cela touche tout particulièrement la question de l’éloignement du domicile avec interdiction d’approche, sachant que 90% des hommes violents ont peur du juge et du gendarme.

Cette absence de consignes claires pèse également sur les juges aux affaires familiales qui ne considèrent pas suffisamment cette problématique et ne protègent pas suffisamment ni les femmes, ni leurs enfants (assassinat des femmes, mais aussi des enfants). Ainsi seules 5 à 10% des femmes et des enfants concernés ont réellement besoin d’un hébergement d’urgence. Elles doivent en priorité pourvoir rester chez elles avec leurs enfants en toute sécurité. Il nous semble essentiel que cette problématique soit intégrée aux contenus de formation des travailleurs sociaux, juges, policiers, gendarmes, avocats. Un texte rédigé et voté par les élu-e-s du conseil départemental et envoyé au gouvernement ainsi qu’à la presse pourrait contribuer à utilement à cette bataille.

Une deuxième considération concerne les droits sociaux et les structures subventionnées trop souvent confrontées à des pratiques clientélistes. Nous estimons que les structures militantes pour les droits des femmes et les droits des enfants doivent être entendues comme expertes ainsi que les organisations syndicales, entre autres.

Les CCAS, avec formation des personnels et en lien avec les services du conseil général nous semblent être les structures les plus adaptées à gérer cette minorité de femmes ayant réellement besoin d’un hébergement. Ils ont l’avantage d’avoir une mission de service public. La proposition reste ouverte. Nous versons au dossier l’expérience du travail en ce sens entamé en partenariat avec l’association « SOS Femmes », malheureusement disparue en raison du manque de soutien institutionnel et de choix clientélistes.

En ce qui concerne l’aide sociale à l’enfance, service dépendant de l’Assemblée départementale, nous estimons qu’elle doit faire l’objet d’un audit citoyen indépendant et absolument intégrer aux politiques de ce service la problématique des violences faites aux femmes plus de 20 ans après les premières lois.

Les associations militantes expertes devront être entendues sur le sujet. D’une manière plus générale nous sommes favorables à ce que les orientations et les choix opérés dans le domaine de l’action sociale puissent être soumis au débat public. Tel est le sens de notre proposition de tenue régulière d’assemblées citoyennes de canton, thématiques ou « généralistes ». Il en va de la reconnaissance de la légitimité des acteurs de la société civile et de la parole citoyenne, principes auxquels le Front de Gauche est particulièrement attaché. Dans cet esprit, et pour la transparence, nous sommes également favorables à ce que les subventions publiques attribuées puissent être publiées dans le détail sur internet afin d’être accessibles à tou-te-s les contribuables.

Concernant les problèmes plus spécifiques que vous pointez dans notre département pour l’hébergement des femmes victimes de violences, nous partageons également votre appréciation sur l’insuffisance et le caractère inadapté des solutions proposées (ou plutôt l’absence de solutions !). Cette situation est d’autant plus préoccupante que les politiques d’austérité et de destruction des protections sociales (Loi Macron) risquent de fragiliser encore plus les femmes et d’accroître les inégalités de genre. Ce qui doit motiver des actions volontaristes et durables de la part de l’Assemblée départementale.

Les pistes que vous proposez (montages financiers et coopérations constructives et respectueuses de chacun entre Etat, collectivités et associations) nous semblent aller dans le bon sens. Nous voulons souligner à notre tour l’importance d’une approche globale et solidaire dans la mise en œuvre des actions de prévention, d’accompagnement juridique, psychologique et social et de réinsertion. Elle supposent à la fois l’existence de structures adaptées et de personnels stables et bien formés, correctement rémunérés et dégagés de pressions visant à un « contrôle social » culpabilisant et paternaliste. Le professionnalisme des intervenants, les qualités relationnelles et le respect scrupuleux de la déontologie nous semblent être des facteurs essentiels pour briser l’isolement des personnes, construire des relations égalitaires et favoriser la reprise de confiance en soi et l’autonomie.

Nous pensons que ces considérations valent également pour l’insertion et l’accès à l’emploi. Nous voulons travailler collectivement à lever les obstacles discriminants liés aux revenus insuffisants, aux déplacements et au logement. Nous avons conscience que rien de tout cela ne pourra vraiment aboutir sans mobilisation citoyenne. C’est encore une fois le sens de notre proposition de tenue régulière d’assemblées citoyennes de canton, synonyme pour nous de démocratie directe, d’écoute et de prise en compte effective de la parole, des luttes et des projets des femmes et des hommes qui vivent sur nos territoires.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions. Elles nous permettront de compléter et d’enrichir un programme dont la première ambition est traduire les plus fidèlement possible des aspirations trop souvent ignorées ou refoulées. De tout cœur avec vous pour les combats féministes que nous voulons mener ensemble.

 

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réponse de Candidats de l'Union des Républicains (CNIP/ MODEM/ UDI /UMP/ - tous cantons concernés

Nous avons bien reçu votre courrier du 1er mars dernier et nous vous en remercions. Nous sommes pleinement concernés par les violences faites aux Femmes, et tous nos candidats aux prochaines élections départementales se mobilisent pour cette cause car le Conseil Départemental  a la pleine compétence de la famille dans le cadre de l'accompagnement du début à la fin de vie de par sa Direction de la Solidarité et de l'Action Sociale, qui comprend, entre autre : les circonscriptions de l'action sociale, les assistantes sociales, l'Aide Sociale à l'Enfance, et la PMI ( Protection Maternelle et Infantile).

 Vous avez raison les chiffres qui soulignent l’ampleur des violences que subissent les femmes sont inacceptables : il faut qu’ils interpellent, qu’ils fassent réagir.

 C’est de notre devoir à tous de ne pas les occulter. Ces chiffres sont d’autant plus inacceptables que derrière ces chiffres médiatisés, ne l’oublions pas ce sont des femmes qui souffrent physiquement, moralement chaque jour et qui doivent pouvoir être accueillies, protégées, accompagnées aidées pour retrouver une dignité, l’envie de vivre tout simplement.

 Il est de notre devoir de tendre la main à ces femmes victimes, mais surtout de nous employer, nous disons bien nous employer à faire de la prévention, au quotidien, avec leur entourage, voisins, médecin de famille, dans des lieux où elles pourraient se libérer de leurs angoisses, de leurs interrogations, de leur souffrance quotidienne, où elles pourraient s’exprimer tout simplement, recevoir des conseils sans aucun jugement.

Une vigilance au quotidien. Savoir déceler les indices qui conduiraient la victime à commencer à accepter de s’exprimer dans un climat de confiance. Ces lieux, peut-être des maisons de quartier, des maisons médicales, qui doivent être visibles, facilement accessibles, et surtout offrir un accueil discret.

Vous le comprenez, la prévention doit être dans l’esprit de tous. Cette prévention devrait pouvoir s’exercer également dans les structures d’accueil des enfants quel que soit l’âge de ces enfants : le comportement des enfants, leur état physique, psychologique, leur manque d’appétit à la cantine, leur isolement dans la cour de l’école, devraient attirer l’attention tant des services sociaux : infirmières, médecins scolaires que des équipes pédagogiques et des autres personnels et les conduire à s’interroger sur l’environnement familial.

 Dans les entreprises, les administrations, là où ces femmes violentées exercent un métier, leurs collègues, leurs supérieurs, devraient également faire preuve de civisme, sortir de leur égo-centrisme.

 Lors des municipales de 2014, vous aviez interpellé les candidats têtes de listes, vous comprendrez que notre détermination envers ces femmes victimes de violences est toujours la même. Ce travail de réflexion et d’engagements pour certains d’entre nous, nous le menons depuis bien longtemps de manière collective, dans nos structures politiques, au quotidien dans nos relations avec nos concitoyens dans nos actions militantes, associatives.

Pléthores d’actions de sensibilisation, d’animations, de plateformes d’écoute, de manifestations, de colloques, d’assises, de plans d’actions de nos Institutions ont été menés et mis en œuvre.

Il ne faut pas oublier que les acteurs locaux agissent au quotidien pour prévenir, connaître et prendre en charge ces Femmes victimes de violences.

 Ce problème social, a bénéficié d’avancées majeures non négligeables apportées par le législateur :

Nous retiendrons notamment, la loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 qui permet la mise en place de « l’ordonnance de protection » par le Juge aux Affaires Familiales sans attendre le dépôt de plainte de la victime et de prendre les mesures  d’éviction du conjoint violent, ou du droit au relogement hors de portée du conjoint en cas de départ du domicile conjugal.

 Avant de proposer de nouvelles actions, de nouvelles infrastructures, il faudra examiner les plans d’actions en cours avec l’ensemble des partenaires locaux. Définir éventuellement de nouvelles orientations.

Il faut aller au-delà des points d’accueil de jour qui sont, il faut le reconnaitre indispensables.

Effectivement, se pose le problème de l’hébergement dans l’urgence, du re-logement dans l’urgence. Ce problème fondamental doit faire l’objet d’une attention toute particulière des Institutions avec l’aide des bailleurs sociaux, des CCAS, et des associations locales.

 Les chambres d’hôtels, les places dans des foyers (lorsqu’il en existe) peuvent être des réponses dans l’immédiat mais ne doivent pas devenir pérennes surtout en présence d’enfants.

 Il faut trouver la solution à cette priorité qu’est l’hébergement de la Femme victime accompagnée ou non de ses enfants.

 Un lieu d’accueil, connu de tous, doit être pensé, créé, nous l’avons dit et il faut passer au concret :

Les maisons de quartier existantes, les maisons associatives, véritables liens sociaux, paraitraient être la solution avec l’adjonction d’espaces d’écoute, de conseils tant de la part de psychologues, de médecins, d’infirmiers que de juristes.

 Ces maisons de quartier, propriétés des collectivités locales, doivent pouvoir évoluer, s’adapter, permettre de regrouper un certain nombre d’acteurs sociaux, sans oublier le Planning Familial qui joue un rôle fondamental auprès des jeunes filles et femmes.

 Pour cela, il faudra, d’une part, agencer, équiper, voire agrandir les locaux, d’autre part, les gérer, les animer avec l’aide d’intervenants formés, qualifiés permettant le meilleur accueil des Femmes victimes de violences. Le rôle de chacun devra être bien défini pour être efficace et apaisant pour les Femmes victimes de violences. Organiser une amplitude horaire d’accueil adaptée et adaptable sera également indispensable.

 Bien évidemment, tout ceci à un coût non négligeable, c’est pourquoi ce doit être une réflexion, un travail entre coresponsables, collectif, transversal, avec tous les niveaux d’intervenants : la collectivité locale propriétaire des locaux et concernée, l’Etat, La Région, Le Département, Les Services Médico-sociaux, les Associations.

 A ces maisons doivent être annexées de véritables « Maison de Justice et du Droit » où des avocats volontaires seront à l’écoute de toutes les victimes de quelque nature que ce soit.

 C’est un travail à bâtir sur les résultats des actions déjà menées, en cours et programmées.

 C’est un travail de maillage sur l’ensemble du territoire départemental, car la violence ne se trouve pas uniquement en milieu urbain.

 Ce doit être une démarche solidaire, de tous les acteurs publics, les bénévoles, afin d’élaborer un véritable parcours de prise en charge, de suivi médical et social et d’orientation professionnelle à ces personnes victimes de violences.

 Vous l'aurez compris, nous connaissons bien le sujet des violences faites aux Femmes, et notre engagement prioritaire est bien celui de la famille à chaque étape de la vie.  Nous soutiendrons et agirons, en étroite collaboration, avec les acteurs locaux afin de garantir la sécurité et l'accompagnement de toutes les victimes.

 

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Réponse des candidat-es Front de Gauche - tous cantons concernés

Nous avons bien reçu votre courrier daté du 1er Mars. Nous partageons pleinement vos constats et vos objectifs en matière d’égalité des droits. Il y a urgence à promouvoir les valeurs émancipatrices du féminisme sous toutes ses formes et à les traduire concrètement en termes de politique publique, au niveau national comme au niveau départemental. Cela nous semble essentiel à un moment où, hélas, des conquêtes sociales et féministes durement gagnées sont remises en cause ou fragilisées.

            En complément de votre propos, concernant les violences faites aux femmes, il nous semble utile de rappeler que les lois successives votées depuis 1992, notamment pénales, ne sont toujours pas appliquées, sinon en fonction de la bonne volonté et de la sagacité du procureur et sans consignes précises. Cela touche tout particulièrement la question de l’éloignement du domicile avec interdiction d’approche, sachant que 90% des hommes violents ont peur du juge et du gendarme.

            Cette absence de consignes claires pèse également sur les juges aux affaires familiales qui ne considèrent pas suffisamment cette problématique et ne protègent pas suffisamment ni les femmes, ni leurs enfants (assassinat des femmes, mais aussi des enfants). Ainsi seules 5 à 10% des femmes et des enfants concernés ont réellement besoin d’un hébergement d’urgence. Elles doivent en priorité pourvoir rester chez elles avec leurs enfants en toute sécurité. Il nous semble essentiel que cette problématique soit intégrée aux contenus de formation des travailleurs sociaux, juges, policiers, gendarmes, avocats. Un texte rédigé et voté par les élu-e-s du conseil départemental et envoyé au gouvernement ainsi qu’à la presse pourrait contribuer à utilement à cette bataille.

            Une deuxième considération concerne les droits sociaux et les structures subventionnées trop souvent confrontées à des pratiques clientélistes. Nous estimons que les structures militantes pour les droits des femmes et les droits des enfants doivent être entendues comme expertes ainsi que les organisations syndicales, entre autres.

            Les CCAS, avec formation des personnels et en lien avec les services du conseil général nous semblent être les structures les plus adaptées à gérer cette minorité de femmes ayant réellement besoin d’un hébergement. Ils ont l’avantage d’avoir une mission de service public. La proposition reste ouverte. Nous versons au dossier l’expérience du travail en ce sens entamé en partenariat avec l’association « SOS Femmes », malheureusement disparue en raison du manque de soutien institutionnel et de choix clientélistes.

            En ce qui concerne l’aide sociale à l’enfance, service dépendant de l’Assemblée départementale, nous estimons qu’elle doit faire l’objet d’un audit citoyen indépendant et absolument intégrer aux politiques de ce service la problématique des violences faites aux femmes plus de 20 ans après les premières lois.

            Les associations militantes expertes devront être entendues sur le sujet. D’une manière plus générale nous sommes favorables à ce que les orientations et les choix opérés dans le domaine de l’action sociale puissent être soumis au débat public. Tel est le sens de notre proposition de tenue régulière d’assemblées citoyennes de canton, thématiques ou « généralistes ». Il en va de la reconnaissance de la légitimité des acteurs de la société civile et de la parole citoyenne, principes auxquels le Front de Gauche est particulièrement attaché. Dans cet esprit, et pour la transparence, nous sommes également favorables à ce que les subventions publiques attribuées puissent être  publiées dans le détail sur internet afin d’être accessibles à tou-te-s les contribuables.

            Concernant les problèmes plus spécifiques que vous pointez dans notre département pour l’hébergement des femmes victimes de violences, nous partageons également votre appréciation sur l’insuffisance et le caractère inadapté des solutions proposées (ou plutôt l’absence de solutions !). Cette situation est d’autant plus préoccupante que les politiques d’austérité et de destruction des protections sociales (Loi Macron) risquent de fragiliser encore plus les femmes et d’accroître les inégalités de genre. Ce qui doit motiver des actions volontaristes et durables de la part de l’Assemblée départementale.

            Les pistes que vous proposez (montages financiers et coopérations constructives et respectueuses de chacun entre Etat, collectivités et associations) nous semblent aller dans le bon sens. Nous voulons souligner à notre tour l’importance d’une approche globale et solidaire dans la mise en œuvre des actions de prévention, d’accompagnement juridique, psychologique et social et de réinsertion. Elle supposent à la fois l’existence de structures adaptées et de personnels stables et bien formés, correctement rémunérés et dégagés de pressions visant à un « contrôle social » culpabilisant et paternaliste. Le professionnalisme des intervenants, les qualités relationnelles et le respect scrupuleux de la déontologie nous semblent être des facteurs essentiels pour briser l’isolement des personnes, construire des relations égalitaires et favoriser la reprise de confiance en soi et l’autonomie.

            Nous pensons que ces considérations valent également pour l’insertion et l’accès à l’emploi. Nous voulons travailler collectivement à lever les obstacles discriminants liés aux revenus insuffisants, aux déplacements et au logement. Nous avons conscience que rien de tout cela ne pourra vraiment aboutir sans mobilisation citoyenne. C’est encore une fois le sens de notre proposition de tenue régulière d’assemblées citoyennes de canton, synonyme pour nous de démocratie directe, d’écoute et de prise en compte effective de la parole, des luttes et des projets des femmes et des hommes qui vivent sur nos territoires.

Enfin, les élus du Front de gauche au Conseil général ont présenté et défendu, en séances du Conseil, plusieurs motions qui vont dans le sens de vos demandes.

            N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions. Elles nous permettront de compléter et d’enrichir un programme dont la première ambition est de traduire les plus fidèlement possible des aspirations trop souvent ignorées ou refoulées. De tout cœur avec vous pour les combats féministes que nous voulons mener ensemble. A très bientôt.

 

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  réponse de Patricia Guilhot et Alexandre Rupnik (titulaires) et Marie-Christine Beloin et Simon Lamure (remplaçant-es) - Europe Ecologie Les Verts et Front de Gauche - Canton Clermont 2

Les élections départementales du 22 et 29 Mars prochain vont permettre de faire entrer la parité dans l’assemblée départementale. Il s’agit, pour nous, de la seule bonne nouvelle de la réforme territoriale engagée. Nous aurions préféré, pour notre part, un scrutin de listes, paritaire, à l’échelle départementale. Ce dernier aurait eu l’avantage de combiner la parité et la démocratie.

 La parité va mettre fin à la domination masculine dans les assemblées départementales depuis leur création. L’assemblée départementale du Puy de dôme ne fait pas exception avec plus de 80% d’élus hommes lors du dernier scrutin en 2011. Durant la dernière mandature, l’assemblée départementale s’est féminisée principalement par le remplacement du titulaire par sa remplaçante suite à des décès ou des démissions. Ce n’était pas un acte volontaire.

 Le département est signataire de la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. Le dernier état des lieux de la collectivité départementale montre que des efforts très importants sont à fournir pour l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités qu’elles soient électives ou administratives. Ces dernières sont toujours occupées de façon exclusive par des hommes. Il montre également que des efforts très importants doivent être engagés pour éviter les stéréotypes de genre dans les services. Pour schématiser, la direction des routes aux hommes, la direction de l’action sociale aux femmes.

En tant qu'employeur la collectivité se doit d'être exemplaire dans le traitement de ses agent-e-s : sur la question de l'égalité salariale, bien sûr mais aussi et surtout sur l’accès des femmes aux postes à responsabilité, notre objectif doit être la parité et la répartition des compétences qui refusent les stéréotypes de genre. Le conseil départemental devra prendre des mesures incitatives fortes.

  Nous nous engageons à respecter les principes de cette charte dans la politique que nous mènerons si nous sommes élu-e-s.

  Plus généralement, pour notre binôme, parler de cette question de l'égalité, c'est d'abord et tout simplement faire de la prise en compte de la moitié de la population, une obligation, un principe intangible !

 C'est ensuite lutter clairement contre le patriarcat qui veut enfermer les femmes dans des positions subalternes.

 Notre groupe Front de gauche a choisi, en 2011, de mettre en place une co-présidence paritaire (Patricia Guilhot/ Bernard Favaodon). Cette démarche reste inédite dans notre département.

 L'égalité Femmes/Hommes doit être portée transversalement dans toutes les politiques départementales. Elle doit s'appuyer sur une délégation spécifique avec des compétences transversales. Nous devons aussi refuser les stéréotypes de genre dans la répartition des domaines de compétences entre élu-e-s. Toute mesure favorisant la participation des femmes dans l'espace public est un progrès.

  La lutte contre la domination masculine passe par celle contre le sexisme ordinaire et ses fondements culturels, symboliques :

 Si nous sommes élu-e-s, nous adopterons un programme de promotion de l'égalité, multipliant les formes (conférences gesticulées, théâtre forum...), les lieux, les thématiques et les publics.

La création, la littérature, l'art permettent de susciter débats et prises de conscience en la matière. Toutes les occasions doivent être saisies pour favoriser une culture égalitaire.

 Nous soutiendrons non seulement toutes les associations qui agissent pour favoriser l'égalité, mais nous en ferons un critère de subvention : exercice paritaire des responsabilités, encouragement aux pratiques féminines dans les domaines où elles sont peu présentes.

  Nous partageons votre constat sur l'indigence des moyens mis en œuvre dans le département et à Clermont Ferrand pour lutter contre les violences faites aux femmes et nous savons que ce n'est pas un phénomène marginal. Le département doit prendre toute sa place dans ce dispositif car souvent avec une femme victime de violences, il y a des enfants. Le département, de part ces compétences concernant l’enfance en danger doit se saisir de ce problème et mettre les moyens financiers, matériels et humains.

 Nous avons alerté le préfet sur cette carence lors de sa rencontre avec l’assemblée départementale en septembre 2014. Sa réponse préférant le statut quo ne nous a pas convaincu. Nous sommes pour notre part, persuadé-e-s de l’urgence de renforcer le dispositif. Nous pensons que la création d’un foyer dédié est primordiale. Sa gestion pourrait être confiée à une association spécifique ou un collectif d’associations. Cette association ou collectif aurait ainsi la possibilité de protéger, d’assurer le suivi indispensable global pour les femmes dans cette situation. Tous les partenaires doivent se réunir car les possibilités sont nombreuses, mais elles doivent aboutir rapidement et être une priorité du prochain mandat.

  Dans le registre des violences faites aux femmes, nous estimons que les prostitué-é-s, véritables esclaves, doivent être soutenu-e-s et aidé-e-s pour échapper aux griffes des réseaux de proxénètes plutôt que pourchassé-e-s comme c'est souvent le cas. Nous soutiendrons les projets qui vont dans ce sens et les associations d’aide aux prostitué-e-s.

  Pour nous l'autonomie est un pilier de l’émancipation.

  La question de l'indépendance matérielle détermine l'émancipation des êtres humains. Le système patriarcal maintient trop souvent les femmes dans un état de dépendance matérielle qui les empêche d'être libres. Les chiffres que vous citez dans votre courrier ne font que le confirmer.

  En tant qu'élu-e-s, nous pourrons être amené-e-s à nous prononcer sur des aides au développement économique. Celles-ci doivent être fondées, outre l'utilité sociale et écologique de l'activité, sur le sort réserver aux femmes (égalité salariale, de responsabilité, organisation du temps de travail).

 Il en est de même pour ce qui concernerait des politiques d'aide à l'emploi, bien que nous considérions que cette question ne peut pas être traitée seulement au niveau local. Nous renforcerons l’accès des femmes aux outils des parcours d’insertion (ACI, EI…)

 Outre, la garantie jeune, le département a mis en place un plan d’actions en faveur de l’insertion des jeunes. Il s’agit d’un accompagnement renforcé et d’une bourse d’autonomie. Nous renforcerons financièrement ce dispositif et veilleront à ce que les jeunes femmes aient toute leur place.

  Nous voulons développer, en lien avec les autres partenaires institutionnels, un véritable service public de la petite enfance. Cela veut dire augmenter le nombre de places en crèche et halte-garderie. Mais aussi développer des modes de garde adaptés pour des familles aux horaires décalés. Tous ces modes de garde doivent être accessibles à tous, et à des tarifs adaptés aux situations des familles. Nous soutiendrons le développement des crèches parentales, lieux d’organisation citoyenne.

  Enfin, le département ne peut être absent des questions de santé publique, car elle touche un droit fondamental des femmes : celui du droit à disposer de son corps.

 Outre le soutien indéfectible aux mobilisations de défense de l'IVG, le département doit aider fortement le planning familial. Avec le planning, nous renforcerons l’information sur la contraception, l’éducation à la sexualité et à la contraception gratuite dans les permanences de la protection maternelle infantile.

  C'est avec beaucoup de convictions et de plaisir que nous répondrons favorablement à vos sollicitations.

 

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Réponse des candidatEs Europe Ecologie les Verts - tous cantons concernés 

Nous sommes convaincuEs comme vous que l’égalité hommes/femmes passe par des choix politiques et que le Conseil Départemental a le champ de compétences lui permettant d’avancer concrètement sur cette question qui est un enjeu incontournable d’une société plus juste pour laquelle les écologistes militent. Aujourd’hui il y a véritablement urgence à empêcher le recul des droits acquis de haute lutte par les féministes et à en promouvoir de nouveaux.

 Vous avez raison de soulever une nouvelle fois le véritable scandale sur le Puy de Dôme qui fait figure d’exception : l’absence d’hébergement pour les femmes victimes de différentes formes de violences (viols, agressions, violences conjugales, agressions racistes, attaques sexistes, harcèlements…). Comment justifier cette totale indifférence politique ?

 Il faut que ce sujet soit une priorité pour le nouveau Conseil Départemental et les écologistes seront force de proposition.

 - Nous proposons que le Conseil Départemental crée des logements-relais et développe la coordination des lieux d’accueil et d’hébergement pour offrir un toit et une sécurité à toutes les femmes victimes de violences, et pas seulement à Clermont-Ferrand. Il faut rechercher l’égalité territoriale.

 Le maintien à domicile des femmes victimes de violence conjugale (avec leurs enfants) devra être assuré lorsqu’elles le souhaitent, en intervenant si besoin, pour garantir leur sécurité par l’application de la loi sur l’éloignement du conjoint violent.

 Ce dernier point, important entre dans les attributions de l’aide sociale à l’enfance du conseil départemental.

 L’association « SOS femmes » seule structure d’accueil du département qui a apporté, pendant des années, aide et assistance aux femmes en détresse a arrêté son activité faute de soutien des collectivités. Sa disparition crée un manque crucial auprès des femmes.

 De même les femmes ou familles avec enfants demandeurs-ses d’asile sont trop souvent laissées pour compte par les services de l'Etat qui devraient les héberger (115 ou autres) et dorment à la rue.

 Ainsi est-il devenu nécessaire de réorganiser totalement la politique d’accompagnement social, psychologique et d’insertion des femmes en détresse en réorganisant l’ensemble des mesures et dispositifs dont celui de l’hébergement d’urgence sur le département.

 Nous souhaitons que le Conseil Départemental, en raison de sa responsabilité envers les enfants en situation de danger, soit moteur de cette réorganisation et fédère l'ensemble des acteurs.

Europe Ecologie Les Verts est très attaché au travail associatif, à l’expertise citoyenne et au dialogue avec les éluEs. Nous souhaitons proposer en début de mandat l’organisation d’un grand colloque (ou assises) sur cette importante question de l’accueil/hébergement des femmes, qui associerait éluEs, syndicats, travailleurs sociaux et associations militantes telles que le Planning Familial 63, Osez le Féminisme, Femmes Solidaires, La Ligue des droits de l’Homme 63, Espoirs de femmes, le CADIS, Femmes et Hommes Solidaires, Agile, RESF 63, afin de déboucher sur des mesures concrètes répondant au besoin des femmes.

 Nous proposons que ces rencontres réunissant l’ensemble des acteurs de terrain se déclinent sur chaque canton du Puy de Dôme en cours de mandat.

 Ainsi, sur chaque canton, la réorganisation des politiques sociales locales doit privilégier l’intérêt des citoyens (et spécifiquement des femmes) et leur implication aux décisions publiques. Il s’agit de prendre en compte chaque résidentE du département non plus comme unE bénéficiaire d’une prestation d’action sociale mais comme un acteur ou une actrice disposant d’une capacité délibérative.

Un autre axe de notre programme est :

 - La lutte en faveur de l’égalité femme / homme et contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre

 Pour construire une société fondée sur le respect des différences et l’égalité, nous proposons de soutenir l’intervention au sein des collèges, sur les questions d’égalité femme/homme, la santé sexuelle et la lutte contre les discriminations ; de favoriser l’information de tout-es sur les questions de contraception et d’IVG, notamment grâce au Planning Familial qui devra bénéficier d’une aide budgétaire à la hauteur de ces enjeux. Ce sont des actions dans la durée qui doivent être poursuivies et renforcées.

Les questions posées ensuite recouvrent différentes problématiques : l’exclusion des femmes isolées et l’insertion des jeunes femmes.

 Il conviendrait de préciser la nature et les causes de l’isolement afin d’apporter d’efficaces réponses politiques : est-ce le chômage ? la vieillesse ? la maladie ? le handicap ? le manque de moyen de transport ?

 S’agit-il de femmes isolées âgées à domicile ou isolées en institution ou maison de retraite ? S’agit-il de dépression ? de situation de deuil, de veuvage ?

 S’il est question par exemple d’un isolement géographique (milieu rural) nous répondons par l’égalité d’accès aux transports sur l’ensemble du Puy de Dôme pour toute personne (utilisation des bus scolaires et développement du Bus des Montagnes, amélioration du réseau Transdôme)

 Nous souhaiterions échanger sur cette question de l’isolement pour compléter notre réponse.

 Briser l’isolement des personnes doit dans tous les cas rester l’objectif des travailleurs sociaux et de tout personnel chargés d’intervenir auprès d’elles.

 La formation professionnelle du secteur médico-social est de la compétence du Conseil Régional. La dimension solidarité/ liens sociaux et lutte contre l’isolement doit être prioritaire ; Une coordination devra s’engager avec le Conseil Départemental afin d’apporter aux professionnels du secteur des outils améliorant le diagnostic, les actions de prévention et d’accompagnement psychologique et social qui ne soit pas du contrôle social.

EELV propose que le site du Conseil Départemental comporte un important volet sur les droits des femmes avec les informations pratiques aux besoins juridiques, médicaux, sociaux, professionnels. Par exemple : liens concernant la contraception, les centres IVG, l’hébergement (en espérant faire rapidement avancer ce dossier avec l’aide d’une mobilisation citoyenne).

 L’accession de la « garantie Jeunes en faveur de l’insertion des jeunes femmes, devra comporter des formations favorisant l’égalité professionnelles hommes/femmes.

Nous vous remercions de votre interpellation féministe qui permet aux candidatEs d’approfondir certains points trop souvent restés dans l’ombre. Nous nous engageons sur la question prioritaire de l’hébergement spécifique pour les femmes victimes de violences sur le département. Nous sommes à votre écoute pour toutes suggestions ou questions et à vos côtés dans vos prochaines actions publiques.

 

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Réponse de Caroline Dallet - Front de Gauche - canton de Chateldon


Vous avez tenu à interpeller les candidat-e-s au poste de conseiller-e-s départemental-e-s sur les questions liées à l'égalité Femme-Homme. Le concept d'Égalité dans son sens le plus large est à la base de mon engagement en politique, celui de l'égalité Femme-Homme en est une des déclinaisons, déclinaison particulièrement nécessaire et primordiale en France et dans le Puy-de-Dôme d'aujourd'hui. Les élections départementales du 22 et 29 Mars prochain vont permettre de faire entrer la parité dans l’assemblée départementale ; dans quelques jours, à population égale, nous aurons enfin une représentation égale des genres.

Les chiffres que vous rappelez dans leur froideur statistique montrent combien sont puissants les déterminismes sociaux de genre à l’œuvre : les relations de pouvoir asymétriques entre femmes et hommes sont tellement incorporées -et là il faut prendre incorporé dans son sens le plus littéral de in corpore : dans le corps- par l'ensemble des actrices et acteurs qu'elles en paraissent naturelles à beaucoup, en tout cas, à trop. Ces relations de pouvoir qui renvoient les femmes à un rôle de mineures dans la Cité sont protéiformes mais, de toutes, la plus odieuse et la plus visible est celle de la violence physique qui leur est faite, violence qui peut aller jusqu'au crime.

Nous avons malheureusement en tête un exemple proche et récent avec le meurtre particulièrement cruel de Sylvie Debret à Malintrat en juin 2014 par son ex-compagnon. Et pourtant ce meurtre aurait pu être facilement évité. L'ex-compagnon de Sylvie avait déjà été condamné pour des faits de violence vis-à-vis de celle-ci. Cette affaire est un résumé des dysfonctionnements criminels des administrations publiques, particulièrement de la police et la justice, et du manque de moyens alloués à la protection des Femmes victimes de violence de genre, et tout particulièrement de l'absence totale de logement spécifique.

Comme vous le savez, le groupe politique auquel j'appartiens au sein du Conseil Départemental sortant, le Front de Gauche -seul groupe co-présidé par une femme et un homme- a été actif pour essayer d'obtenir des logements spécifiques. Ainsi parallèlement aux actions engagées par plusieurs associations dont la vôtre, Patricia Guilhot a interpellé le préfet par courrier afin que l’État prenne ses responsabilités.

En effet, sur ce dossier la responsabilité première revient à l’État :

  1. Responsabilité d'abord sur le plan judiciaire en ne donnant pas de consignes nationales aux procureurs de la République d'applications des textes législatifs déjà votés mais peu appliqués, et en premier lieu de poursuivre toujours TOUTES les violences faites aux femmes dès le premier coup porté,

  2. Responsabilité ensuite sur le plan de l'application de ces lois par les forces de l'ordre, de par leur manque de formation à prendre en compte ces problématiques de manière efficace et humaine -les problèmes de manque de formation à ces questions peuvent se généraliser aux travailleurs sociaux-,

  3. Responsabilité toujours par le manque de moyens financiers alloués, comme des logements dédiés, et ce particulièrement sur le Puy-de-Dôme, alors que ce sont des compétences qui lui reviennent. Sur ce point, j’ai relayé un vœu, voté à l’unanimité par l’assemblée départementale, en direction du préfet, en décembre dernier.

Jusqu'à ce jeudi 12 mars 2015, il semblait possible, au vu du peu de résultats obtenus suite à l’interpellation du préfet jusqu'à maintenant, de mettre en application la clause de compétence générale du département dans ce domaine pour faire bouger les lignes : le département aurait pu par cette clause se substituer à l’État défaillant en créant des logements spécifiques.

Nous aurions pu aussi en profiter pour appliquer plus avant cette clause de compétence générale pour lutter contre les déterminismes sociaux de genre par la mise en place d'une ligne budgétaire pour le public scolaire par des actions culturelles et populaires permettant de déconstruire les codes insidieux enfermant la femme dans un rôle inférieur, à l'instar de certaine communes qui montrent déjà l'exemple en le faisant comme la mienne, à Châteldon.

Mais le parlement vient de voter en première lecture l'abrogation de ladite clause de compétence générale.

Une autre menace à ces possibilités d'action existe : la politique d'austérité. Cette politique décidée au niveau national se reflète par exemple au niveau départemental par la baisse de la dotation générale de fonctionnement (DGF) versée par l’État pour les années 2015 à 2017, baisse de 5 millions pour 2014, et 10 millions d'euros à compter de 2015.

Par ailleurs, l’État a transféré les compétences obligatoires de gestion des allocations de solidarité aux départements sans transférer la totalité des fonds nécessaires y afférant. Les critères pour obtenir ces allocations sont décidés au niveau national ainsi que ce que perçoivent les allocataires. Or les dettes de l’État vis-à-vis du département du Puy-de-Dôme sur ces allocations de solidarité s'élève à 255 millions d'euros depuis 2004. Et cette dette s'amplifie du fait de l'explosion du nombre de bénéficiaires du RSA dû à la crise.

Le groupe auquel j'appartiens au Conseil Général se bat contre cet état de fait. Il a par exemple proposé lors du vote du budget d'intégrer la dette de l’État dans ses recettes et d'entrer ouvertement en conflit avec celui-ci en prenant à témoin les citoyen-ne-s. Cette stratégie avait été mise en œuvre dans le département de Seine Saint-Denis, présidé alors par Claude Bartolone en 2010, en votant un « budget de révolte ».

Mais ça, c'était en 2010. Depuis, comme président de l'Assemblée Nationale, il est un des acteurs de mise en œuvre des politiques qu'il dénonçait hier.

Lutter contre les politiques austéritaires, c'est d'abord lutter contre des politiques dures aux plus fragiles, parmi lesquels les femmes victimes de violence de genre.

On le voit donc, il existe deux freins à la mise en œuvre de politique pour l'égalité Femme-Homme au sein du département : la fin de la clause de compétence générale et les politiques d'austérité.

Présidente d’un syndicat intercommunal d’aide à domicile, le bon fonctionnement du service dépend directement de la tarification arrêtée par le Conseil départemental, tarification contrainte par les compensations insuffisantes de l’Etat correspondantes aux allocations APA. Je milite pour une meilleure prise en compte des métiers de l’aide à domicile, métiers exercés quasi uniquement par des femmes, métiers dont les missions ont évolué (l’offre de santé se dégradant, les agents doivent intervenir auprès d’un public de plus en plus dépendants avec des pathologies lourdes), des missions difficiles, parfois ingrates. Le maintien à domicile est un véritable enjeu pour demain : Le vieillissement de la population va de fait accroître cette activité. Pour le bien-être des habitant-e-s nous aurons besoin de services forts, encouragés, avec des agents formés pour intervenir avec bientraitance, valorisés dans leurs missions vitales, titularisés pour leur permettre de vivre dignement.

Nous devons continuer de lutter pour redonner des marges de manœuvre à la puissance publique, permettre à celle-ci de servir l'intérêt général et non comme cela est le cas actuellement l'intérêt des plus riches, voilà qui peut rendre véritablement efficace une politique d'égalité Femme-Homme.

 

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Réponse de Valentin Chabrier et Mina Perrin - Front de Gauche - Canton de Cournon-d'Auvergne

 

Parce qu'en effet les violences faites aux femmes ne sont pas que physiques, elles peuvent être morales et/ou économiques. Aucune classe sociale n'est épargnée par ce type de violences. La dépendance financière peut, dans certains cas, freiner le premier pas vers la délivrance.


Nous défendons la nécessité du développement d'un logement alternatif aux chambres d'hôtel, par l'acquisition par le département de maisons ou d'appartements.
 
En effet, le Conseil général dépense chaque année une somme conséquente en logements d'urgence auprès d'une poignée d'hôteliers clermontois, ce qui représente un business florissant de la misère pour les enseignes privées. Le Conseil Général aurait largement rentabilisé l'achat d'appartements réservés à ce type d'hébergement.
 
Le fait de développer parallèlement des logements autres qu'un centre d'hébergement dédié aux femmes victimes de violences leur permettrait d'être logées dans un lieu plus confidentiel (inconnu du conjoint violent), anonyme et aussi moins stigmatisant.

Cela permettrait aussi de disposer de lieux d'accueil répartis sur tout le département et ainsi de ne pas les contraindre à trop s'éloigner de leur lieu de résidence habituel SI elles le peuvent et le souhaitent parce qu'elles y ont leurs attaches, leurs familles ou autre. Le but étant, lorsque cela est possible, qu'elles n'aient pas à subir au surplus un dépaysement non voulu.
 
Par ailleurs, la défense de l'égalité femme/homme est un combat au quotidien, surtout en politique ; nous ne sommes "paradoxalement" pas épargnées dans ce milieu, de "banales" réflexions machistes parfois misogynes et que nous ne laissons et laisserons jamais passer (au point d'avoir quitté en nombre une réunion après avoir dénoncé les propos sexistes et outrageux tenus et réitérés ce soir là par un élu de la majorité à une autre élue).
 

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