101_regionales-2015

Les 3 antennes d'Osez le féminisme de la future et nouvelle Région Auvergne-Rhône-Alpes se regroupent pour interpeller les candidat-e-s aux élections régionales 2015.


Conscientes des enjeux qui sont liés à ce rendez-vous démocratique de taille, elles les interpellent sur leurs engagements du respect des droits des femmes sur une liste de thématiques telles que le développement économique, la formation, l'aménagement du territoire, les lycées, les transports, etc.


L'ensemble des listes départementales, hors listes des mouvements d'extrême droite, sont invitées à transmettre leurs réponses avant le 25 novembre. Ces réponses feront l'objet d'une publication sur les blogs et sites Internet de chaque antenne ainsi que d'une diffusion auprès de la presse régionale.

 

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Développement économique et aide aux entreprises

 

Quels critères relatifs à l’égalité femme-homme envisagez-vous de mettre en place lors de l’instruction des demandes d’aides aux entreprises ? Quelles dispositions envisagez-vous de prendre pour favoriser l’accès des femmes entrepreneures aux dispositifs d’aides économiques ?

 

BEZLI- Le Rassemblement : Les écologistes (EELV) dans le précédent mandat ont demandé que des critères soient mis en place dans le cadre du FIAD pour bonifier les aides économiques régionales (donner deux fois plus si l’embauche concerne une femme). Cette demande à travers un amendement a été acceptée dans un premier temps puis a disparue du dispositif. En dehors de cette bonification, nous voulions introduire l’obligation de la présentation d’un rapport de situation comparée pour les entreprises bénéficiaires de nos aides. Cela n’a pas été retenu.

Si je suis de nouveau élue, et avec mes collègues éluEs du rassemblement citoyen écologiste et solidaire, nous continuerons à défendre ces mesures et bien d’autres.

Je défendrai ardemment l’évaluation « genrée » de nos politiques économiques (combien de femmes/hommes bénéficient de nos actions) mais aussi toutes les autres politiques (sport, culture, formation, transport…).

Concernant l’entreprenariat au féminin, je continuerai et intensifierai le financement de certaines actions menées par les chambres consulaires et avec des structures telles que Auvergne active qui propose par exemple le Fond de garantie Initiatives des femmes. Un travail de lobbying peut être mené avec les banques pour que des prêts soient facilités aux femmes entrepreneures et enfin de l‘accompagnement à la création doit être financé à travers de nombreuses structures spécialisées.

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région : nous entendons prolonger les actions engagées depuis 2010 et les étendre à l’Auvergne. En effet, nombre d’initiatives soutenues et financées par la Région (associations, syndicats, centres de formation…) favorisent directement l’entreprenariat au féminin. Nous participons à plusieurs prix qui récompensent les profils exceptionnels. Nous agirons aussi pour que les prix, non genrés, récompensent aussi les femmes, ces prix étant souvent attribués à des parcours d’hommes. Nous soutiendrons les démarches encourageant les femmes à entreprendre via les associations. Conformément à la loi, nous sensibiliserons les entreprises publiques et privées à la nécessaire présence de femmes dans les conseils d’administration.

CUKIERMAN - L'humain d'abord : Conditionner et critériser les aides est un bon moyen de s’assurer que celles-ci seront bien utilisées ! Cela signifie que l’on n’aide pas si l’on n’a pas la garantie d’une stricte égalité entre les femmes et les hommes dans l’entreprise ou à tout le moins, si l’entreprise (d’au moins 50 salarié.e.s) n’est pas engagée dans un rapport de situation comparée, qui lui permet de démontrer et d’assurer cette égalité. Si les écarts de situation sont avérés, que cela soit dans le domaine de l’embauche, de la formation ou qualification, de la promotion professionnelle, des conditions de travail, de la rémunération effective ou encore de l’articulation entre l’activité professionnelle et l’exercice de la responsabilité familiale, on n’aide pas.
Par ailleurs, j’ai également décidé de favoriser l'entreprenariat en économie sociale et solidaire, en créant un réseau citoyen de coopération, pour placer l’activité économique au service des femmes et des hommes de la région, qui créera un fonds pour permettre le financement de la reprise d'entreprises par les salarié.e.s sous forme de SCOP.

Les femmes représentent en France 30 % des créateurs d’entreprise. Un plan de développement de l’entrepreneuriat féminin a été mis en place par le ministère aux Droits des femmes en 2012, qui ambitionne d’atteindre l’objectif de 40% de femmes entrepreneures en 2017. Pour cela, l’idée est de sensibiliser, orienter et informer les femmes à l’entrepreneuriat ; renforcer l’accompagnement des créatrices d’entreprises et faciliter l’accès des créatrices au financement. Les dispositifs d’aides économiques pour faciliter l’accès des femmes entrepreneures, mis en place par des agences, des associations sont nombreux. Ma délégation a soutenu toutes les associations qui en ont fait la demande, engagées sur ce sujet.

 

Coordination des acteurs du service public de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle

 

Quelles actions comptez-vous mettre en oeuvre pour favoriser l’accès des femmes à l’emploi ? Pour déconstruire les stéréotypes de genre liés aux métiers, dans la formation professionnelle initiale et continue ? Comment allez-vous sensibiliser les relais locaux (acteurs du service public régional de l’orientation (SPRO)) aux stéréotypes de genre ?

 

BEZLI- Le Rassemblement  En tant qu’élue en charge de l’égalité, j’avais participé à la mise en place d’actions de promotion des métiers « réservés » aux hommes pour qu’ils soient plus attirants et plus ouverts aux femmes. J’avais avec Mme Brunswig lorsqu’elle était Déléguée aux Droits aux Femmes accompagné la Fédération Transport (structures de formations aux métiers du transport) cofinancé de nombreuses actions de promotion en direction des filles. J’avais fait de même pour certaines formations dans le BTP. Ce travail doit être intensifié et toucher toute la grande Région, tous les établissements scolaires, instituts de formation et d’apprentissage, Universités.

Des prix tels que le prix des apprenties doivent être continués et s’intensifier. Pour sue des filles aillent sur des métiers «réservés » aux garçons et réciproquement.

Des actions de formation et de sensibilisation pour lutter contre les stéréotypes devraient être financées dans tous les services de la région en lien avec la formation et l’Orientation (le plan Auvergne égalité l’a proposé et testé).

Des appels à projet pourraient également être lancés pour trouver des idées innovantes dans le domaine de la sensibilisation et de lutte contre les stéréotypes.

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Sur ce point aussi, nous prolongerons notre action exemplaire. Lors du Mondial des Métiers, nous réalisons chaque année des campagnes d’information sur la mixité des métiers auprès des jeunes et des enseignants. Ces campagnes s’attaquent directement aux stéréotypes de genre et s’adressent aux garçons et aux filles, les incitant à s’intéresser à des métiers auxquels ils n’auraient pas forcément pensé ou qu’ils n’auraient pas osé envisager. Nous amplifierons cette démarche notamment pour l’enseignement supérieur contribuant au recrutement de jeunes femmes sur les métiers d’ingénieurs — en particulier sur les filières encore considérées comme plus masculines.

 

CUKIERMAN - L'humain d'abord :La Région ayant été reconnue comme exemplaire pour le travail mené en matière d’Egalité entre les femmes et les hommes par le ministère aux Droits des femmes en 2012, nous avons fait partie des neuf Régions impliquées dans la démarche et l’expérimentation : « Territoire d’excellence en matière d’égalité professionnelle ». Une Convention entre la ministre, les deux Recteurs des académies de Lyon et Grenoble, le DDRAF, le Préfet et le Président du Conseil régional a ainsi été passée. Ce sont, à ce jour, 130 projets déposés, instruits par les partenaires co-signataires, dont 80 ont reçu des financements pour un total de plus d’1,3 million d’euros, et cela pour tout à la fois, assurer l’effectivité des droits et notamment l’égalité salariale dans les TPE et PME, en effet la négociation collective doit permettre d’arriver à plus d’accords et de meilleure qualité. La réduction significative des inégalités salariales passe par déterminer des objectifs chiffrés d’amélioration ; mais aussi travailler sur l’organisation du temps de travail ; combattre les stéréotypes ; créer un environnement favorable à l’articulation des temps. Ensuite développer la mixité pour rééquilibrer la part des hommes et de femmes dans les filières et les métiers, avec des actions de sensibilisation, d’information, de communication organisées dans les collèges, les lycées, l’enseignement supérieur, des actions d’accompagnement spécifique et individualisé en conseil, en découverte et en aide à l’orientation Et enfin, lutter contre l’éloignement de l’emploi des bénéficiaires du « congé parental », en préparant le retour à l’emploi après un congé parental de longue durée, en prenant en compte les besoins de recrutement des entreprises, en réduisant les freins externes au retour à l’emploi, notamment autour du transport et des modes de garde. Des bilans de compétence, des actions de conseil pour construire son projet professionnel, des actions de formation adaptées seront proposés. Depuis donc trois années tous ces dispositifs sont mis en place, il faudrait bien entendu que cela se poursuive, vous savez comme moi que ces questions ont besoin de temps pour s’ancrer dans la vie, notamment tout ce qui concerne la question des
représentations et des stéréotypes.

Comment prendrez-vous en compte les questions de genre dans la lutte contre l’illettrisme et la formation des personnes incarcérées

 

BEZLI- Le Rassemblement  Le soutien de la Région au CRI est réel aujourd’hui. Nos missions de formation auprès des personnes incarcérées tendent à se développer car nous en avons la responsabilité. Nous pouvons travailler en collaboration avec les acteurs pour monter des dispositifs spécifiques en direction des femmes (illettrées, incarcérées). Un diagnostic comparatif peut être fait pour voir si d’autres régions ont avancé sur la question et testé des méthodes.

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Les études révèlent que si les femmes sont en moindre mesure touchées par l’illettrisme, l’impact de la situation d’illettrisme est plus pénalisant pour les femmes que les hommes dans l’accès à l’emploi. Cela signifie qu’il faut à la fois repérer et lutter contre l’illettrisme, et mieux accompagner les femmes dans l’accès à l’emploi. La Région est l’autorité organisatrice de la formation, mais elle n’a la compétence de financer et organiser la formation professionnelle des détenus que depuis le 1er janvier 2015. Nous travaillons à la mise en oeuvre de cette compétence en collaboration étroite avec les acteurs tels que l’Education nationale, Pôle Emploi, les missions locales et les associations, qui permettent de prendre en compte la spécificité de ces publics. Les détenues femmes ont la particularité de ne représenter que 3,5% de l’ensemble des détenus. Leur faible nombre génère une offre de formation plus restreinte et souvent genrée (couture, etc.). Nous travaillons avec nos partenaires à trouver des solutions pour proposer une offre de formation pour les détenues femmes qui soit plus diversifiée et, partant, moins stéréotypée.

 

CUKIERMAN - L'humain d'abord : cf. ci dessus

 

Aménagement, développement durable et égalité des territoires

Comment comptez-vous utiliser la politique de contractualisation avec les territoires comme levier pour améliorer la situation des femmes, en particulier dans les territoires fragiles tels que les espaces ruraux ou les quartiers prioritaires relevant de la politique de la ville ?

 

BEZLI- Le Rassemblement La culture et le sport sont des leviers importants pour lutter contre les discriminations envers les femmes. Dans les Contrats de Territoire, un volet spécifique peut être exigé, notamment dans ces deux domaines pour que les femmes puissent bénéficier un peu plus de nos dispositifs. Les collectivités (notamment mairies et Communautés de Communes) seront obligées de proposer d’autres axes dans leurs projets.

On pourrait également demander une évaluation précise de la portée de notre aide et un bilan qualitatif et quantitatif des bénéficiaires ; ceci permet de savoir si nous avons touché un peu mieux les femmes (en rural comme en urbain).

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Par la Quinzaine de l’Egalité Femmes Hommes et par notre démarche Territoire d’excellence, nous intervenons déjà dans les départements de Rhône-Alpes pour soutenir les associations, les syndicats, les centres de formation qui œuvrent pour une amélioration de la situation des femmes. Cette démarche a permis une intervention particulière dans les quartiers sensibles et en milieu rural. Elle sera étendue à l’Auvergne. Les maisons de services au public, créées par la Région dans tous les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes, seront des lieux d’accès privilégiés à l’information sur l’égalité femmes hommes, dirigeant les usagers vers des interlocuteurs spécialisés (formation, conseil, entreprenariat, santé…).

 

CUKIERMAN - L'humain d'abord De la même conditionner et critériser le contenu des contrats ! On ne contractualise pas si l’on n’est pas assuré de faire porter cette aide pour des améliorations spécifiques de la situation des femmes.

Transports

Envisagez-vous une analyse genrée des besoins de la population en termes d’horaires, de fréquence, de sécurité et d’accès aux transports routiers interurbains, urbains et ferroviaires de passagers ?

 

BEZLI- Le Rassemblement  OUI, c’est primordial.

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Une enquête pourra effectivement permettre de mieux analyser les attentes des femmes sur le territoire régional. Elle aidera à définir des indicateurs, évalués régulièrement, aidant à montrer la progression des services.

 

CUKIERMAN - L'humain d'abord Oui, car nous savons, notamment grâce à Genre et ville, que les femmes et les hommes ne se déplacent pas la même manière, ni pour les mêmes raisons ; ils et elles ne le font pas forcément aux mêmes horaires non plus. La question des éclairages, du sentiment de sécurité, ou non, qui se dégage des abords d’une gare ou d’une station de bus… est à prendre en compte bien entendu. L’accès facilité ou non, pour les poussettes par exemple est un autre facteur. Il faut donc commander une analyse spécifique à la Région Auvergne Rhône Alpes, qui sera d’autant plus diverse demain avec ses 13 territoires de montagne, urbains et ruraux. Les analyses qui ont été faites à ce jour dans d’autres villes, y compris du monde, sont toujours extrêmement éclairantes sur les solutions à trouver, pour rendre la question du transport, qui se pose à toutes et tous, plus facile et plus sereine.

Enseignement supérieur et recherche

Quels outils visant à favoriser la participation des femmes aux filières de l’enseignement supérieur et de la recherche à fort potentiel économique et d’emploi souhaitez-vous mettre en oeuvre ?

BEZLI- Le Rassemblement De nombreux prix peuvent être mis en place, et pourquoi pas une réflexion sur la mise en place de quotas.

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Le territoire Auvergne-Rhône-Alpes est riche d’établissements de l’enseignement supérieur. Beaucoup s’engagent déjà sur un rééquilibrage des recrutements, en vue d’une meilleure parité des diplômes. La Région sera le partenaire de ces établissements afin d’amplifier la sensibilisation, dès le lycée, voire avant.

CUKIERMAN - L'humain d'abord Nous avons aidé à la création du master Egales de l’Université de Lyon 2, puis nous l’avons soutenu. Si celui-ci propose une formation innovante pour accompagner la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques d’égalité, il favorise également la professionnalisation de futur.e.s spécialistes des questions d’égalité femmes-hommes, qui, une fois en poste, auront à coeur de veiller à la place des filles et des femmes dans les filières de l’enseignement supérieur et de la recherche à fort potentiel économique et d’emploi. Par ailleurs, nous soutenons chaque année, dans le cadre de nos Quinzaines de l’Egalité entre les femmes et les hommes, les associations qui travaillent à promouvoir les métiers sexués au masculin pour les rendre attrayants et accessibles aux filles et aux femmes. Nous avons un pôle Rhône Alpes de l’orientation qui veille à développer et améliorer les services d’accueil, d’information, d’orientation et à la coopération entre les différents réseaux de l’orientation. Tout cela participe à aider les jeunes filles à prendre conscience de l’intérêt de s’orienter vers des métiers a priori peu féminisés et qui parfois « font peur », car nous savons combien les filles ont encore souvent le sentiment de ne pas être capables d’assumer certaines responsabilités. Tout cela, nous continuerons de le faire dans le prochain mandat et il y aura certainement encore des idées à développer pour faire encore plus dans le sens d’amener les filles et les femmes dans des sphères professionnelles qu’elles investissent peu et à l’inverse, amener des garçons et des hommes dans des filières et des professions qu’ils investissent peu habituellement.
Et n’oublions pas qu’il reste aussi et encore à conquérir l’égalité salariale…

Lycées

Envisagez-vous d’appliquer des analyses dites de « géographie de genre » lors des projets de rénovation, extension et créations d’établissements publics locaux d’enseignement ? Quelles dispositions souhaitez-vous mettre en oeuvre pour lutter contre le sexisme à l’école, la prévention du harcèlement et l’éducation à la sexualité ?

BEZLI- Le Rassemblement  Des campagnes de sensibilisation très nombreuses et très originales, notamment à travers le numérique.

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Intégrer au cahier des charges des marchés publics de construction et rénovation des lycées et centres de formation de la Région une analyse sur l’occupation des espaces en fonction du genre est une idée intéressante. Elle permettrait de favoriser une meilleure mixité dans les établissements d’enseignement de notre région. Dans le cadre de la Quinzaine de l’égalité femmes hommes, nous organisons des manifestations auprès des lycéens, filles et garçons. Le Mondial des métiers est un événement qui permet cette sensibilisation. Nous pourrons imaginer des campagnes d’information via les réseaux sociaux. Enfin le « pass contraception » mis en place par la Région Rhône-Alpes est aussi une opportunité de sensibilisation à la sexualité.

 CUKIERMAN - L'humain d'abord Un travail est amorcé, insuffisant. Ce courant disciplinaire est assez récent, il invite à
introduire la notion de genre dans une diversité d’approches pour penser l’espace. La géographie de genre envisage la singularité des actions des femmes dans un système envisagé et créé par des hommes. Il y a donc matière à réfléchir en effet les nouvelles constructions, qui, comme à l’image des « villes durables », peuvent engendrer des inégalités car elles sont conçues par et pour des hommes, jeunes, célibataires et en bonne santé ! Le cas de construction de lycées auquel vous faites référence est identique : les filles et les garçons n’occupent pas l’espace de la même façon. Il est donc en effet important de poser la question des rénovations, extensions ou créations d’établissements d’enseignement avec des spécialistes, femmes et hommes, de ces questions.
Concernant la question du harcèlement à l’école nous serons d’autant plus vigilant.e.s à ce que ces questions soient abordées avec tout le sérieux qu’elles requièrent, que le ministère de son côté en a fait une question cruciale, ce qui est une bonne chose car les cas se multiplient, ont des conséquences dramatiques et il est évident que si les personnels éducatifs sous-estiment ou ne « voient pas » ce qui se passe, c’est parce qu’ils manquent de formation sur cette question. Le sexisme et de l’éducation à la sexualité peuvent aller de pair, en tout cas des ponts peuvent être faits, notamment en ce qui concerne le respect, l’écoute, le travail sur les stéréotypes et l’intérêt de partager, en toute égalité, ces questions.

Le Conseil régional en tant qu’assemblée d’élu-e-s

Quelles mesures comptez-vous mettre en oeuvre pour assurer un Exécutif paritaire ? Comment souhaitez-vous sensibiliser les élu-e-s sur les questions d’égalité, dans le cadre de leur droit à la formation ?

 

BEZLI- Le Rassemblement  C’est très simple, il suffit de le décider. C’est ce que nous ferons. Nous risquons juste de faire le contraire puisque nous avons 8 têtes de liste femmes et cinq têtes de liste hommes et donc une possibilité d’avoir plus de femmes en position d’être dans l’exécutif.

Comme je l’ai expliqué plus haut, j’ai proposé dans le mandat qui vient de s’écouler des formations aux élus, à la suite d’une réunions de l’Assemblée Régionale par exemple, ou lors de séminaires budgétaires. Cela fonctionne assez bien. Il faudra l’intensifier.

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Je l’ai fait en Rhône-Alpes. L’exécutif sera constitué à parité si je suis élu président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

CUKIERMAN - L'humain d'abord L’exécutif est déjà paritaire, la loi nous y contraint ! La question est de faire en sorte que cette parité se traduise dans la répartition des délégations et des budgets qui vont avec !
Ce qui a été le cas lors de cette mandature.
La question de la formation des élu.e.s aux questions de l’Egalité entre les femmes et les hommes reste par contre à mettre en place, et ce, dès le début de mandat. Nous ne l’avons pas fait, faute de temps, consacré à la mise en place de la délégation et des initiatives que nous avons choisi de mettre en place rapidement.

 

Le Conseil régional en tant qu’employeur

Quasiment 7 000 agent-e-s des lycées et 2 000 agent-e-s du siège seront les chevilles ouvrières de l’action régionale sur les territoires. Quelles mesures comptez-vous prendrepour faire d’Auvergne-Rhône-Alpes une collectivité vertueuse et respectant les dispositions de la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et sous quel délai ? Comment comptez-vous favoriser la conciliation entre vie professionnelle et familiale des agent-e-s ? Comment souhaitez-vous prévenir le harcèlement au travail ?

BEZLI- Le Rassemblement  Lire ma réponse plus haut sur l’Auvergne responsable. Il faut continuer ce qui se fait en Auvergne et le faire progresser.

La Région Auvergne pourrait mesurer l’impact des politiques régionales en fonction du genre. La méthode du « gender mainstreaming », c’est-à-dire la mesure de l’impact des actions en fonction du genre (combien d’hommes et de femmes sont touchés par les actions mises en œuvre par la collectivité) est intéressante au préalable. A mettre en place dans le premier exercice.

Cela permettra de mettre en place, dans un second temps et dès le vote du premier budget, le gender budgeting, qui est une application de l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le processus budgétaire. Cela implique une évaluation des budgets existants avec une perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire, ainsi qu’une restructuration de revenus et des dépenses dans le but de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Il doit être réalisé aussi en amont lors de la mise en œuvre d’une nouvelle action ou politique. On peut vraiment faire de l’égalité femme/homme un outil au service de la performance en connaissant et mesurant en amont la situation des femmes et des hommes et en se fixant des objectifs sexués. Il devient alors possible de mesurer l’impact de son action en terme d’égal accès et d’efficacité. Cela permet de s’interroger sur les freins éventuels et de mettre en place des actions correctives ou d’adapter le dispositif. Cette méthode nécessitera au préalable une formation des agents de la collectivité.

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Notre démarche pour acquérir le label Egalité de l’Afnor en Auvergne-Rhône-Alpes nous oblige à faire preuve d’exemplarité dans trois directions : les relations sociales, l’information des salariés ; la gestion des RH et le management ; la prise en compte de la parentalité. A titre d’information, nous avons d’ores et déjà, en Rhône-Alpes, une direction générale adjointe (DGA) paritaire : 6 DGA, 3 hommes et 3 femmes.

CUKIERMAN - L'humain d'abord La question est effectivement particulièrement importante, car il ne s’agit pas d’être « donneur d’ordre » et de ne pas être soi même irréprochable. Nous avons décliné un « Plan régional d’actions » de façon transversale (élu.e.s-Directions des services) dans lequel la Région s’engage sur trois objectifs pour, notamment, rendre les actions régionales Egalité femmes-hommes visibles, lisibles, efficaces et communicantes, en pariant sur l’appropriation culturelle et en aidant au changement des comportements par une lutte contre les idées reçues, en étant actrice de l’égalité femmes-hommes, fédératrice sur les territoires, déterminée à intégrer l’égalité dans ses politiques publiques et en étant employeuse exemplaire.
Des engagements ont été réalisés : des agent.e.s bénéficient de la crèche interentreprises ouverte à Confluence ; des mesures sont prises pour l’articulation des temps de vie et la prise de responsabilités par toutes et tous (4 formules de temps de travail sont au choix pour les agent.e.s, dont une formule à 4 jours sans perte de salaire) ; l’obtention du label « Egalité Professionnelle » décerné par l’AFNOR est en cours ; la formation d’agent.e à la politique de genre de la Région en inscrivant dans le plan de formation des sessions de sensibilisation à la politique de genre et d’égalité. Et par exemple, le nombre de Directeurs.trices généraux.ales adjoint.e.s est à stricte parité au Conseil régional de Rhône Alpes. Pour prévenir le harcèlement au travail, nous renforcerons l’existant : les assistantes sociales, la médecine du travail, les syndicats, qui veillent et sont à l’écoute : la cellule de prévention composée d’agent.e.s région devra par contre être réactivée.

                     

Autres

Des outils existent pour établir des diagnostics genrés et mettre en place des actions permettant d’établir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, en termes de budget, d’occupation de l’espace public, de logement, d’accès et d’usage des services publics… Lesquels vous engagez-vous à mettre en oeuvre, et sous quel délai ?

BEZLI- Le Rassemblement  La Région Auvergne pourrait mesurer l’impact des politiques régionales en fonction du genre. La méthode du « gender mainstreaming », c’est-à-dire la mesure de l’impact des actions en fonction du genre (combien d’hommes et de femmes sont touchés par les actions mises en œuvre par la collectivité) est intéressante au préalable. A mettre en place dans le premier exercice.

Cela permettra de mettre en place, dans un second temps et dès le vote du premier budget, le gender budgeting, qui est une application de l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le processus budgétaire. Cela implique une évaluation des budgets existants avec une perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire, ainsi qu’une restructuration de revenus et des dépenses dans le but de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Il doit être réalisé aussi en amont lors de la mise en œuvre d’une nouvelle action ou politique. On peut vraiment faire de l’égalité femme/homme un outil au service de la performance en connaissant et mesurant en amont la situation des femmes et des hommes et en se fixant des objectifs sexués. Il devient alors possible de mesurer l’impact de son action en terme d’égal accès et d’efficacité. Cela permet de s’interroger sur les freins éventuels et de mettre en place des actions correctives ou d’adapter le dispositif. Cette méthode nécessitera au préalable une formation des agents de la collectivité.

 

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Le label Egalité de l’Afnor ne prévoit pas, pour l’instant, la mise en oeuvre de ces outils de diagnostics genrés. Mais ils permettent effectivement de prendre conscience des inégalités, et de se fixer des objectifs pour les réduire.

Certains services de la Région Rhône-Alpes comme la Direction de la Culture, ont commencé à mettre en place des outils statistiques genrés, sous l’impulsion de l’association H/F. Je confierai à la prochaine Délégation Egalité femmes hommes le soin d’étudier la mise en oeuvre ou la généralisation de ces outils de diagnostic dans les différents services de la région Auvergne - Rhône-Alpes.

CUKIERMAN - L'humain d'abord  cf ci dessous 

Enfin, pour toutes les questions où la Région ne sera pas cheffe de file, quelles mesures comptez-vous mettre en oeuvre pour vous assurer des impacts de l’action régionale sur l’égalité femmes-hommes ? Vous engagez-vous à traiter de la lutte contre les violences faites aux femmes pendant votre mandat, et comment ?

BEZLI- Le Rassemblement  Lire plus haut l’Auvergne partenaire. Il faut être initiateur d’actions pour retrouver du cofinancement, être moteur le plus possible. Donner l’exemple.

Je trouve que la question des violence faites aux femmes est totalement absente de l’action régionale. En dehors de notre soutien au CIDFF peu de choses sont aujourd’hui développées. De nombreuses initiatives existent notamment dans certaines villes. Elles sont souvent en lien avec le relogement des femmes victimes de violence, leur accompagnement social, administratif et auprès des enfants. La région doit absolument être un rempart et protéger ces femmes. De nombreuses associations peuvent être un soutien précieux pour monter et mettre en œuvre des projets en direction de ces femmes. Il suffit de les consulter.

Une biennale sur l’égalité peut être proposée pour parler des problématiques rencontrées par de nombreuses femmes et pour mettre en valeur les luttes et combats féministes.

QUEYRANNE -  Nous c'est la Région Comme par le passé, le soutien aux associations et organismes — sur des thèmes comme les violences faites aux femmes — est une manière d’accompagner des initiatives sur des sujets ou dans des secteurs pour lesquels nous n’avons pas de compétence directe. Nous pourrons aussi soutenir les collectivités territoriales dans leur propre démarche d’égalité sur leur territoire.

CUKIERMAN - L'humain d'abord  Pour une bonne utilisation des outils auxquels vous faites allusion, il faut déjà qu’une sensibilisation aux questions d’égalité entre les femmes et les hommes soit effective, ce que nous avons commencé à réaliser. Il faut donc poursuivre. Les outils envisageables sont les études, les diagnostics, les bilans sociaux… de nombreuses organisations sont aujourd’hui expertes dans ces domaines et donc aidantes lors de toute sollicitation.
Comme nous avons travaillé pendant 5 ans sur ces questions, grâce à la délégation que j’ai portée, je pense pouvoir dire que nous avons avancé. Pour être efficace, il faut convaincre avant d’imposer ! Aussi, je vous répondrais qu’a priori il faut mettre en oeuvre et activer tous les outils possibles, notamment dans un premier temps dans le domaine des salaires et de l’occupation de l’espace public, s’il faut hiérarchiser.
Cependant, ces décisions doivent être prises avec l’ensemble des élu.e.s et donc le délai est difficile à assurer à ce jour. Je ne peux que vous réaffirmer mon engagement et ma détermination.
Sur la lutte contre les violences faites aux femmes, notre soutien est total envers les associations et organismes qui y sont dédiés et le sujet est également régulièrement abordé en interne dans notre collectivité.

 messages personnels des répondant-e-s

 

 

réponse de Fatima BEZLI tête de liste 63 Le Rassembelemnt

J’ai pris connaissance de votre interpellation à l’attention des candidat-e-s aux élections régionales de 2015 et vous remercie pour vos questions.

Conseillère régionale sortante, chargée d’une mission « égalité » que j’ai sollicitée et dans laquelle je me suis impliquée pleinement dans le mandat qui se termine, sachez que j’ai conscience de la nécessaire évolution des politiques régionales à l’égard des femmes, et ce dans tous les domaines.

Au sein du groupe Europe Ecologie les Verts dont j’étais membre durant ce mandat, nous avons très largement défendu les intérêts des publics discriminés, les femmes en particulier, en faisant en sorte que notre collectivité signe la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes, ce qui a motivé le « plan auvergne égalité » et le développement de plusieurs actions.

Trois axes ont guidé cette mission :  

  • l’Auvergne responsable : agir dans son fonctionnement interne en tant qu’employeur en développant l’égalité dans ses recrutements entre les femmes et les hommes notamment dans les postes de cadre supérieurE (Direction générale par exemple), par la mise en place de mesures qui permettent de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Outre la flexibilité du temps de travail (temps partiel), le Conseil régional s’est orienté, grâce à ce travail vers une nouvelle forme d’organisation du travail, à savoir l’usage du travail à distance ou télétravail…

 

  • l’Auvergne partenaire : encourager les bonnes pratiques en mettant en place des critères conditionnant certaines aides ou en bonifiant d’autres, et sensibiliser les partenaires à travers plusieurs évènements cofinancés (conférences égalité, semaine de la diversité…)

 

  • l’Auvergne en mouvement : Lancer un appel à projet avec les services de l’Etat pour la lutte contre les stéréotypes ; former des élus sur les droits des femmes et sur les stéréotypes genrés ; sensibiliser sur l’égalité femmes/hommes pendant les grands évènements (théâtre-forum lors des Olympiades des Métiers Nationales, avec une animation tous les jours en direction des jeunes sur la question de l’égalité professionnelle…

 

Ces axes ont permis de structurer cette mission et le Plan Egalité mais le manque de moyens (financiers et de personnel) a minimisé les effets.

(...)

En conclusion, tant au sein du groupe Europe Ecologie les Verts du Conseil régional d’Auvergne qu’aujourd’hui avec le Rassemblement citoyen, écologique et solidaire, et encore plus demain dans la nouvelle Région Auvergne Rhône-Alpes, j’ai à cœur de défendre l’égalité entre les femmes et les hommes et soutenir des actions d’émancipation, de protection et d’accompagnement des femmes dans tous les domaines de la vie, personnels et professionnels.

Mon intérêt n’est pas à démontrer car en tant qu’élue non Vice Présidente, j’ai mis en place le Plan Auvergne Egalité. Il reste très modeste mais il a posé quelques axes et a expérimenté quelques actions non sans intérêt. Il ne demande qu’à être développé par l’octroi de moyens plus importants et d’agents en charge de le mettre en œuvre.

 

 

Réponse de Jean-Jack QUEYRANNE tête de liste régional PS PRG

 

Avant de répondre à vos questions, je souhaite rappeler quelques mesures mises en œuvre depuis 2010 en Rhône-Alpes à mon initiative, pour le Conseil régional et pour le territoire. Dès notre élection, j’ai créé une délégation à l’Egalité Femmes Hommes, confiée à une conseillère spéciale, directement rattachée à ma présidence. Grâce à la Quinzaine régionale pour l’Egalité Femmes Hommes (150 événements à chaque édition), nous sommes devenus la première région de France pour l’ampleur de sa sensibilisation grand public (10 000 personnes touchées par an pendant cinq ans). Nous avons bénéficié du label — du ministère puis du secrétariat d’Etat aux Droits des femmes — intitulé « Territoire d’excellence pour l’égalité professionnelle ». Dans ce cadre, nous avons soutenu et financé une centaine de projets, soit le tiers des actions mises en œuvre à l’échelle de la France.  La Région Rhône-Alpes s’est positionnée pour obtenir le label Égalité, délivré par l’Afnor, l’Association française de normalisation, garantissant la qualité de sa stratégie interne de ressources humaines. La démarche, particulièrement dynamique, engagée en Rhône-Alpes servira de modèle, pour être amplifiée en Auvergne-Rhône-Alpes. Notre expérience et la forte mobilisation des différents acteurs en régionsera un atout pour aller encore plus loin.

 

Réponse de la liste 63 de Lutte Ouvirère

Bonjour
Vous nous connaissez assez, pour savoir que l’égalité des femmes avec les hommes est un de nos combat permanent dans notre lutte contre toute forme d’oppression. Et ce n’est pas un vain mot pour avoir été la première organisation politique à présenter une femme à l’élection présidentielle avec Arlette Laguiller, ce que nous continuons avec Nathalie Arthaud.
Chantal Gomez vous répondra néanmoins régionalement.
Salutations militantes.
Pour Lutte ouvrière
Hervé Lapeyre

 

Réponse de Cécile CUKIERMAN - tête de liste régionale  L'humain d'abord

Vous n’êtes pas sans savoir que j’ai été en charge de la délégation Egalité femmeshommes, en tant que Conseillère spéciale au sein du Conseil régional de Rhône Alpes,lors de cette mandature 2010-2015 !
Je ne développerai pas en détail les actions que nous avons menées tout au long de ces 5 années, vous devez les connaître; j’en rappellerai toutefois certaines dans mes réponses à vos questions, car je pense qu’elles auraient tout intérêt à être poursuivies ; et j’en suggèrerai d’autres, qui me semblent importantes à développer à l’occasion de la mandature à venir. Et vous dire donc en préalable, qu’élue, je confierai à un.e. élu.e la délégation de l’Egalité entre les femmes et les hommes, telle qu’elle l’était lors de ce mandat, car il faut y consacrer du temps et, même si la thématique est transversale, ne jamais l’oublier. Le meilleur moyen est donc d’avoir une personne en charge et avec un budget en augmentation !

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pour info la réponse de la tête de liste Haute Savoie (74) du Rassemblement : re_ponse_OLF_74
la réponse de la liste Isère (38) du Rassemblement : https://osezlefeminisme38.files.wordpress.com/2015/11/rc3a9p_osezlefeminisme.pdf